Avec la publication du Species Plantarum (1753) de Linné, et l'adoption du système binaire de nomenclature, la botanique prend une orientation nouvelle.
La gloire de Linné a fait oublier le génie de Tournefort, et la
botanique française subit un recul dont le Canada français ressent le contrecoup.
D'ailleurs, à ce moment même, nous changeons d'allégeance. La classe
instruite repasse les mers, laissant les soixante mille paysans qui furent nos
pères à des préoccupations matérielles immédiates peu favorables aux
recherches scientifiques.
Leur botanique se réduira désormais à cette systématique para classique et tout utilitaire engendrée par le besoin,
systématique dont nous avons analysé la genèse dans la préface de cet
ouvrage (pp.
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[ 4a ]
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[ 7 ] à propos de la partie onomastique du folklore botanique canadien-français.
Forêt laurentienne de la passerelle servant de
sentier équestre et de
motoneige entre les routes de la Station et Manitou,
Saint-Prosper-de-Champlain, le 5 octobre 2000. Photo 000914/19.
Durant les cinquante années qui suivent la cession du Canada à
l'Angleterre, la botanique laurentienne n'a que peu ou point d'histoire
écrite. Mais voilà qu'au fort de la révolution française, en 1792, nous
arrive à Montréal, après avoir étudié la flore des États-Unis durant
sept années, l'un des plus ardents disciples de Bernard
De Jussieu, le botaniste-voyageur
André Michaux (1746-1802). Comme son prédécesseur Kalm,
il était en mission officielle, et la sienne consistait à recueillir des
plantes nouvelles pour les jardins royaux. Il est permis de croire que les
événements qui se déroulaient en France, en faisant perdre de vue les
jardins du malheureux Louis XVI, modifièrent le genre de recherches du
distingué naturaliste.