c) Section translaurentidienne
(Première de deux pages).
Nous avons dit plus haut qu’il faut rattacher aux basses terres Champlain une
aire disjointe, translaurentidienne, située dans le bassin du
lac Saint-Jean.
Le
bassin immédiat de ce lac est une vaste coupe gneissique dont le fond gît à
quelque cent trente mètres au-dessus du niveau de la mer, tandis que les bords atteignent l’altitude de trois
cents mètres. La haute terre environnante est la pénéplaine précambrienne. La
basse terre, - le fond de la coupe, - est incrustée de parcelles isolées de
formations ordoviciennes disparues presque partout ailleurs. Ces sédiments
ordoviciens (Trenton, Utica, Richmond) se présentent sur le côté sud du lac ;
entre
Ouiatchouan et la Pointe-Bleue
(Mashteuiatsh), ils forment une
ligne de rivage qui a sa
florule calcicole :
Hedysarum alpinum var. americanum
Juncus dudleyi
Lobelia kalmii Senecio pauperculus.
D’autres lambeaux de calcaires ordoviciens sont dispersés dans la région
Saguenay - lac Saint-Jean, mais on ne connaît presque rien de leur florule.
48º 50' 59,5" N - 72º 12' 16,8" O,
MRC Maria-Chapdelaine. Champs
de blé et de pommes de terre en fleurs,
Sainte-Marguerite-Marie, Dolbeau-Mistassini. Le mardi 30 juillet 2002, photo 200200730/13,
480 x 640.
Le côté nord du lac Saint-Jean diffère essentiellement du côté sud. Il n’y a
plus d’affleurements ordoviciens, et la basse terre s’étend sur une trentaine de
milles, recouverte d’épais dépôts d’argile à leda et de sable à saxicava. La
flore de l’argile est évidemment plus pauvre ici que dans la
section du triangle
montréalais ; on y retrouve cependant, sur la limite de leur aire, plusieurs des
arbres caractéristiques de la plaine du Saint-Laurent ; Fraxinus pennsylvanica
var. austinii, Ulmus americana, etc., et une flore herbacée analogue, bien que
diminuée.