La grande glaciation a raboté les assises paléozoïques de la
plaine laurentienne ; elle y a charrié du nord les débris de roches
cristallophylliennes qui ponctuent cette plaine d’innombrables
blocs erratiques ;
elle y a aussi déposé un manteau d’argile à blocaux d’épaisseur variable, mais
pouvant atteindre soixante-dix mètres. L’action glaciaire, en dénudant le
plateau précambrien, ne lui a plus permis qu’une flore appauvrie. Dans la plaine
basse laurentienne au contraire, le même phénomène a créé des conditions
favorables aux végétaux non strictement silicicoles.
Mais les boues glaciaires, quoique constituant des terres de bonne qualité au
point de vue chimique, ont des caractères physiques désavantageux. Elles sont en
effet extrêmement compactes et opposent une grande résistance à la pénétration
des racines. Leur structure est aussi très hétérogène, les matériaux qu’elles
renferment allant depuis l’argile impalpable jusqu’à des
blocs erratiques de
taille énorme. Le travail de préparation et de parachèvement du domaine végétal
devait se faire durant la période de transgression marine connue sous le nom de
période Champlain, période qui coïncida avec la fin des temps glaciaires. Cette
transgression fut amenée par une subsidence générale qui atteignit 200 mètres
aux environs de Montréal.
Les cours d’eau afférant au vaste estuaire ainsi formé déversèrent une
quantité énorme de matériaux provenant de l’affouillement des moraines et des
dépôts d’argile à blocaux, assortissant ces matériaux par ordre de densité,
déposant les plus grossiers le long des lignes de rivage : graviers et sables à
saxicava, entraînant au large la fine argile à leda, qui se
précipita à l’état de bancs dans les eaux profondes et tranquilles. L’argile à
leda constitue les terres grises de la plaine laurentienne, qui sont la
grande ressource de l’agriculture.
Telles qu’elles se présentent aujourd’hui, les basses terres Champlain
comprennent donc : une aire principale que nous désignons sous le nom de
triangle montréalais, triangle dont les sommets sont occupés par les villes de
Québec et d’Ottawa, et le lac Champlain ; un prolongement en bordure du
Saint-Laurent au-delà de la ville de Québec, prolongement que nous désignons
sous le nom de section des terrasses du bas Saint-Laurent ; enfin une aire
disjointe située dans le bassin du lac Saint-Jean, aire qui doit être rattachée
aux basses terres Champlain, et pour laquelle le nom de section
translaurentidienne semble approprié.
le jeudi 20 juin 2002 - le dimanche 2 mai 2010 constante mouvance de mes paysages intérieurs
45º 29' 32.6" N -
074º 00' 02.6" O, Parc national d'Oka, sentier écologique de la Grande baie,
bloc erratique, le samedi 17 août 2002, photo 2002082813.
45º 30' 27,4" N - 074º 06' 14,1" O, terre agricole,
culture de choux et de piments (poivrons), rang Saint-Hippolyte, Oka, le lundi 19 août 2002. Photo 20020819/22.
Du traversier entre Québec et Lévis, février 1993. Photo 0899/23.
46º 48' 37,7 N
071º 11' 21"8 O
Fleuve Saint-Laurent, glaces en dérive entre Québec et Lévis.