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Famille 15. ― Salicacées [ Salicaceae ]. 9. Salix interior Rowlee. — Saule de l'intérieur. — (Sandbar willow). — Arbuste de 1-2 mètres, se multipliant par ses souches stolonifères et formant, sur les rivages longtemps inondés, au printemps, de vastes saulaies ; feuilles (longueur 5-15 cm ; largeur 3-15 mm) linéaires-lancéolées, munies de dents glanduleuses espacées, à nervure médiane jaune. Floraison plus ou moins tardive selon que l'habitat est plus ou moins inondé. Rivages du Saint-Laurent et de ses affluents, jusqu'à l'eau salée. (Synonyme : S. longifolia Mühlenberg).
Saule de peu d'apparence, mais qui joue un rôle très important dans l'écologie du Saint-Laurent, comme espèce caractéristique des alluvions mobiles des grandes rivières de l'Amérique du Nord. C'est le premier arbuste à s'établir sur les bancs de sable récemment formés, que ses racines et ses tiges souterraines contribuent à fixer d'abord, à élever ensuite, en retenant les grains de sable en suspension dans les hautes eaux, préparant ainsi le terrain aux autres saules, aux peupliers, et à la florule ordinaire de ces habitats. Dans le Québec, son habitat est très exclusif : il occupe les rivages bas submergés une partie de l'année. Presque seul de tous ses congénères (quelquefois avec le S. rigida), il peut subir impunément la puissante action mécanique des glaces en mouvement, au moment de la débâcle du Saint-Laurent : sa tige très flexible se couche et laisse passer, sans paraître en souffrir. Ses racines arrachées d'un endroit se fixent dans un autre, émettant rapidement des stolons qui ont bientôt formé un taillis. Probablement parce qu'il est mal outillé pour faire la lutte aux plantes strictement terrestres, il n'envahit pas de lui-même les lieux émergés toute l'année, en sorte que la limite supérieure de la zone du S. interior indique le niveau printanier du grand fleuve, au moins dans l'ouest du Québec.
Frère
Marie-Victorin (1885-1944) ![]() constante mouvance de mes paysages intérieurs
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