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Famille 36. ― CERATOPHYLLACEAE [ CÉRATOPHYLLACÉES ]. 1. CERATOPHYLLUM Linné. — CORNIFLE. 1. Ceratophyllum demersum Linné. — Cornifle nageante. — (Hornwort). ― Tiges submergées (longueur 60-250 cm) ; feuilles divisées 2-3 fois, à dernières ramifications (longueur 8-25 mm) spinuleuses-serrulées, presque capillaires, rigides ; fleur femelle généralement solitaire dans la partie supérieure des rameaux ; fleurs mâles en moyenne trois, un peu en dessous, chacune renfermant en moyenne 13 étamines ; fruit mûr ovoïde (longueur 4-6 mm) portant un bec en forme d'épine (longueur 4-8 mm) lisse, plus ou moins courbé, muni d'un tubercule de chaque côté de la base. Floraison estivale. Eaux douces de la partie tempérée du Québec.
On distingue quelques variétés du C. demersum, différant par les caractères de l'épine et de la paroi de l'ovaire, particulièrement le var. echinatum Gray, plante à fruit rugueux et croissant avec la forme typique. Il existe deux formes écologiques principales : la forme lacustre, caractérisée par des tiges et des rameaux forts, et des feuilles raides et relativement courtes ; la forme marécageuse, caractérisée par des tiges et des feuilles très grêles. Transplantée d'un habitat à l'autre la plante s'adapte en poussant des rameaux répondant aux conditions écologiques nouvelles. La zone de Ceratophyllum se trouve à une profondeur de 1-8 mètres, le niveau le plus favorable se trouvant à 4 mètres. C'est une des plantes propres à favoriser l'oxygénation des eaux stagnantes. Elle est éminemment adaptée au milieu aquatique. Cette adaptation se manifeste surtout par les caractères suivants : feuilles presque réduites aux nervures, tiges grêles, absence de racines, pollinisation sous l'eau et submersion complète pendant toutes les phases du cycle vital. On observe, en outre, les modifications histologiques suivantes : épiderme de la tige dépourvu de cutine, tissu vasculaire non accompagné de fibres de soutien, tubes criblés du liber parfois remplacés par des lacunes aérifères, et vaisseaux du bois occasionnellement transformés en cellules parenchymateuses. Ces caractères et l'aspect rudimentaire de l'inflorescence firent d'abord placer le genre Ceratophyllum dans les monocotyles, au voisinage du genre Najas. ― Au moment de la fécondation, les tiges apparaissent tout près de la surface de l'eau et leur partie supérieure s'incline même quelque peu au-dessus. Le pistil incliné sous l'eau présente, ouverte, la cavité apicale du style qui, en guise de stigmate, possède un canal (longueur 1 cm environ ; diamètre 0. 1 mm) s'ouvrant par un pore situé généralement sur la face supérieure. À ce moment, les anthères gonflées d'air se sont arrachées de leur filet et sont venues flotter à la surface, laissant tomber une pluie de pollen au-dessus de l'ouverture stylaire si étroite qu'il est rare de trouver des fruits développés. Il faut de 5 à 6 secondes pour qu'un grain de pollen s'enfonce d'un millimètre dans l'eau. La maturation des étamines se fait de l'extérieur vers l'intérieur de la fleur ; il s'écoule environ 7 jours entre la maturation des premières et des dernières. ― Les Ceratophyllum se développent surtout par multiplication végétative. Comme les Myriophyllum, à la fin de la saison, ils développent des hibernacles, bourgeons de réserve produits sur les extrémités raméales et caulinaires des plantes flottant à la surface. Ces hibernacles tombent sur la vase du fond et produisent au printemps des touffes d'un beau vert ; celles-ci deviennent libres à leur tour et gagnent la surface, probablement sous l'effort exercé par les gaz accumulés dans les nombreuses lacunes au cours de la croissance, et qui à ce stage final occupent le tiers du volume de la plante.
Frère Marie-Victorin
(1885-1944) ![]() ![]() le mercredi 15 décembre 2004 constante mouvance de mes paysages intérieurs
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