|
| |||||
Famille 50. ― ROSACEAE [ ROSACÉES ]. 1. Rosa eglanteria Linné. — Rosier églantier. — Églantier ; Cébreur, par corruption de l'anglais sweetbrier. — (Sweetbrier). — Tiges (longueur 1-2 m) fortement réclinées, portant de très forts aiguillons triangulaires ; feuilles à rachis fortement glanduleux, folioles doublement dentées, résineuses inférieurement, à odeur de pomme quand on les froisse ; fleurs (diamètre 3-4 cm) ; sépales disparus à la maturité du fruit. Floraison estivale. Lieux incultes. Général dans le Québec, sauf dans le nord et l'est. (Synonyme : R. rubiginosa Linné).
Cette espèce est complètement naturalisée au Canada, et sans doute depuis fort longtemps. Surtout dans les districts calcaires, elle s'empare des lieux ouverts et devient facilement un fléau dans les pâturages, en y implantant ses larges buissons puissamment armés. Aussi bien ici qu'en Europe, la piqûre d'un insecte, Rhodites rosae, produit sur les branches cette curieuse galle moussue connue sous le nom de bédégar. Cette galle consiste en une agglomération de chambres larvaires couvertes de filaments qui donnent à l'ensemble l'apparence d'un paquet de mousse. Le bédégar a été fort employé dans la médecine populaire et on lui attribuait des propriétés magiques. — Le R. eglanteria est encore remarquable par l'odeur de pomme reinette que dégagent les feuilles froissées, odeur qui se manifeste à distance. Cette odeur est due à une huile essentielle sécrétée par toute la partie épidermique de la plante. Cette huile rougit le papier de tournesol et brûle avec une flamme blanche et éclairante. — Une espèce voisine, le R. micrantha Smith, se trouve aussi dans le Québec. Elle diffère du R. eglanteria par ses sépales décidus et ses styles à peu près glabres.
Frère Marie-Victorin
(1885-1944)
|
| ||||||