— Tiges (longueur 1-3 m) arquées, et s'enracinant par les extrémités, purpurines ou bleuâtres, armées d'épines ; feuilles des turions trifoliolées, blanches-tomenteuses inférieurement ; partie inférieure des feuilles du turion pédatifides ; fleurs blanches à pétales plus courts que les sépales ; fruits d'un pourpre bleuâtre, hémisphériques, pruineux. Floraison estivale. Champs secs et rochers. Ouest et sud du Québec.
R. occidentalis, schéma de la plante entière à la feuillaison,
feuille, portion de la tige
Flore laurentienne,
figure 97, dessin
frère Alexandre.
Espèce remarquablement pure génétiquement, qui se reproduit par semis en lignée pure. L'extension des buissons du
R. occidentalis se fait surtout par marcottage naturel. Les entrenœuds formés à la fin de l'été sont très longs, mous, et à peu près inermes, et à ce moment la tige se recourbe fortement vers le sol. Après quelque temps, les nouveaux entrenœuds formés sont de nouveau du type court ; ils se couvrent d'aiguillons dirigés en sens inverse de la croissance, et les nœuds produisent de petites racines. Si le sommet de la plante atteint le sol, l'enracinement se produit. La direction des aiguillons aide la plante à se maintenir dans le sol. Comme les entrenœuds herbacés et allongés sont nécessairement faibles, ils sont facilement rompus par le passage des animaux et la nouvelle plante commence une vie indépendante. Il est intéressant de remarquer que la suite des phénomènes est la même quand la tige, placée au bord d'un rocher, s'arque sur le vide. Il ne s'agit donc pas d'une réponse à un facteur défini, lié au sol, mais d'un caractère héréditairement fixé.
— Les mots « mûrier » et « mûre », appliqués au Canada à tous les
Rubus à fruits noirs, prêtent à confusion. Les
mûriers vrais (le mûrier blanc d'Europe, Morus alba, et le mûrier rouge d'Amérique,
M. rubra), sont des arbres de la famille des moracées, rarement plantés dans le Québec.