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Famille 103. ― COMPOSÉES. 32. CHRYSANTHEMUM Linné ― CHRYSANTHÈME. 1. Chrysanthemum leucanthemum Linné. ― Chrysanthème leucanthème. ― Marguerite. ― (Ox-eye daisy). ― Plante vivace ; tige (longueur 30-60 cm) peu ramifiée ; feuilles basilaires obovées, oblongues, pétiolées ; feuilles caulinaires sessiles, embrassantes, incisées ; capitules (diamètre 3-5 cm) sur de longs pédoncules nus ; rayons blancs, 20-30. Floraison estivale. Champs et lieux secs. Partout dans le Québec habité. Naturalisé de l'Eurasie.
Nulle plante de l'ancien monde ne s'est plus complètement naturalisée que la marguerite, qui couvre nos champs l'été et donne la note dominante au paysage. ― La racine est oblique et tronquée. Les rayons du capitule sont roulés sur eux-mêmes au début de l'anthèse. Ils s'étalent complètement pendant l'anthèse de la multitude des fleurs tubuleuses du disque. Celles-ci s'épanouissent par séries successives, c'est-à-dire en suivant l'ordre de la spirale d'insertion, depuis les bords jusqu'au milieu. Les styles ne sortent du tube staminifère qu'après la déhiscence des anthères, en sorte que la fécondation directe paraît impossible. Après la fécondation, les rayons blancs s'inclinent, se réfléchissent et disparaissent sans laisser de traces.
― La marguerite, qui se trouve maintenant en immenses quantités, de l'Atlantique jusqu'aux limites du Manitoba, est l'une de nos pires mauvaises herbes dans les prairies à foin, où elle ne tarde pas à étouffer l'herbe. Les racines étant peu profondes, un labour fait périr toutes les plantes. Les fleurs apparaissent au moment où le trèfle est prêt à faucher ; si l'on fauche à ce moment, les graines de la marguerite ne peuvent mûrir. ― L'espèce est mellifère ; cependant elle n'est pas fréquentée par les abeilles domestiques, mais seulement par de très petits insectes. ― On sait que le nombre des rayons de la marguerite (comme chez la plupart des composées ligulées) n'est pas fixe, mais oscille entre un maximum et un minimum, avec une moyenne présentée par le plus grand nombre des individus. C'est l'une des meilleures illustrations du phénomène de la fluctuation à l'intérieur de l'espèce. Une excellente leçon de choses, pour une classe de biologie élémentaire, consistera à faire compter par les élèves le nombre des rayons de mille capitules et à établir la courbe de variation. La comparaison des courbes obtenues dans des expériences faites en divers temps et divers lieux montrera que l'hérédité transmet non point une valeur particulière de la fluctuation, mais l'amplitude de la fluctuation, la courbe et ses paramètres. ― Le folklore de cette espèce est abondant et bien connu : jeunes gens et jeunes filles effeuillent une marguerite pour savoir la vérité sur leurs amourettes ; les formules varient à l'infini, mais le dernier rayon effeuillé donne toujours la réponse.
Flore laurentienne, p. 587, 589. ![]() le mardi 23 octobre 2001 - le mercredi 24 juin 2009 - le samedi 27 août 2011constante mouvance de mes paysages intérieurs |
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