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Nichole Ouellette
présente

Préface à la première édition

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Flore laurentienne

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Flore laurentienne
Préface - Notes encyclopédiques

Notes encyclopédiques
Les effluves de la vie ] [ Tradition séculaire ] [ Observations personnelles ]

Les effluves de la vie

Adopter, délimiter, décrire en les dépouillant de leur cortège de variétés, de larges espèces linnéennes contrôlées autant que possible par des critères éprouvés, constitue la partie essentielle de ce travail. Mais sur ce squelette qu'est généralement une flore, nous avons voulu mettre un peu de chair et de peau, faire courir dans ce grand corps les effluves de la vie. Les espèces végétales sont situées dans un système d'antécédences temporelles et spatiales. Le cycle vital de chacune d'elles est une histoire qui se raconte, et toutes ces histoires s'enchaînent, s'engrènent, s'équilibrent dans la grande mosaïque que composent à la surface de l'exceptionnelle planète Terre, les innombrables vies végétales et animales. Enfin, les plantes ont mille points de contact avec l'homme, s'offrant à lui, l'entourant de leurs multitudes pour servir ses besoins, charmer ses yeux, peupler ses pensées : elles ont en un mot une immense valeur humaine.

Page frontispice de la Flore laurentienne, édition de 1935.

Tradition séculaire

Fortement pénétré de ces points de vues, nous avons cru bon de briser avec une tradition plusieurs fois séculaire qui veut que les flores soient des catalogues nus, égalitaires, froidement descriptifs, et nous avons ajouté à la suite des espèces, toutes les fois que cela a été possible, des notes exposant les faits bio-écologiques, les relations phytogéographiques ou phylogéniques, l'élaboration des substances actives, les particularités onomastiques, les éléments esthétiques, les nombres chromosomiques (voir au glossaire le symbole « n =»), les usages, etc. En indiquant, le cas échéant, les usages médicaux, nous voulons cependant mettre le lecteur en garde en lui rappelant que nombre de ces usages sont sujets à caution et n'ont pour base que l'ignorance, la superstition et l'indéracinable doctrine moyenâgeuse des signatures.

Observations personnelles

Ces notes diverses sont le fruit de nombreuses observations personnelles, et du dépouillement d'une immense bibliographie dont il n'a pas été possible d'indiquer les sources dans un ouvrage de cette sorte. Il est bien entendu que la connaissance de la flore d'une province quelconque de l'Amérique, et l'ouvrage qui expose cette connaissance, représentent la synthèse des travaux et des publications d'une multitude de botanistes vivants et morts; mais l'indication complète des sources étant ici une impossibilité physique, il a paru préférable de les omettre systématiquement. Notre but en écrivant ces notes a été d'abord de faire de la Flore laurentienne quelque chose de vivant et d'humain. Il a été ensuite d'inviter le botaniste amateur et l'étudiant à contrôler les observations, à refaire les expériences, à ajouter au capital de connaissances, à contribuer pour leur part à dégager la vraie figure biologique de chacune des plantes qui vivent sous notre ciel.


Rumilly Robert (1897-1983). «  Le frère Marie-Victorin et son temps  », Édition des Frères des écoles chrétiennes, Montréal, 1949. Photo p. 60.
Le frère Marie-Victorin découvrant le chardon de Mingan ( Cirsium minganense ), l'un des endémiques les plus remarquables du golfe Saint-Laurent.

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Frère Marie-Victorin (1885-1944)
Flore laurentienne 1935, p. 8.


le dimanche 20 janvier 2002
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