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Famille 37. ― SARRACENIACEAE [ SARRACÉNIACÉES ]. 1. SARRACENIA Linné. — SARRACÉNIE. 1. Sarracenia purpurea Linné. — Sarracénie pourpre. — Petits cochons, Herbe-crapaud. — (Pitcher-plant). — Plante glabre, sauf la face supérieure du limbe et l'intérieur des ascidies qui sont couverts de poils raides et réfléchis ; feuilles (longueur 10-30 cm) veinées de pourpre ou complètement vertes, persistantes ; hampes (longueur 30-60 cm) ; fleur solitaire, penchée, pourpre (diamètre 4-5 cm) ; pétales recourbés sur le style. Floraison printanière. Tourbières à sphaignes. Dans tout le Québec, même à l'extrême-nord.
La sarracénie pourpre est la plus extraordinaire plante de notre flore, et le principal ornement de nos tourbières. Elle est l'un des exemples classiques du carnivorisme chez les plantes. Si l'on passe le doigt à l'intérieur de la feuille tubuleuse, on voit qu'un revêtement de poils dirigés vers le bas favorise l'entrée, mais rend la sortie difficile aux malheureux insectes qui veulent s'aventurer en cet abri ou s'aller désaltérer en cette vasque minuscule. Il arrive le plus souvent que l'insecte prisonnier s'épuise en vains efforts, et se noie dans l'eau de pluie que la feuille renferme presque toujours. Une diastase spéciale dissout les cadavres des insectes capturés, et permet peut-être l'assimilation directe des substances organiques ainsi digérées par les tissus de la feuille. La sarracénie est remarquablement imputrescible et peut se conserver longtemps sous une cloche simplement posée sur les sphaignes humides. Elle doit cette imputrescibilité à une résine contenue dans les cellules superficielles. C'est essentiellement une plante de tourbière, c'est-à-dire de sols très acides, et elle ne peut se cultiver dans la terre ordinaire des jardins. — Les Canadiens français connaissent la sarracénie sous le nom de petits cochons, nom qui devient intelligible quand on considère la variante, oreille de cochon. Il s'agit d'une ressemblance suggérée par le limbe libre, ou l'opercule de la feuille. Dans les principaux dialectes indiens de l'Amérique, la plante est désignée sous le nom d'herbe-crapaud. C'est ce que signifie l'Alicotache des Montagnais de la Côte-Nord, et le Makikiotache des Algonquins du Témiscamingue ; l'idée semble être que la sarracénie, comme le crapaud, mange les insectes. Tous les Indiens affirment que la plante est souveraine contre la petite vérole. Aucune recherche sérieuse n'a été faite pour contrôler cette affirmation, bien que vers 1862, la tisane de sarracénie ait été employée par un certain Dr Thomas MORRIS, d'Halifax, qui passa à l'époque, — l'ignorance aidant, — pour le découvreur de la sarracénie. Il s'agit probablement d'une bienfaisante action antiseptique due aux tannins que la plante contient en abondance. — Le Sarracenia purpurea est l'emblème floral de la province de Terre-Neuve. Frère Marie-Victorin (1885-1944)
![]() le dimanche 19 décembre 2004 - le samedi 19 juin 2010 constante mouvance de mes paysages intérieurs | ||||||||||||
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