Nichole Ouellette
présente
Sarracéniacées
Introduction 01 Sarracenia
Art de vivre au Québec
Médecines populaires
Québec en photos
Lac à la Barbotte
Flore laurentienne
Plantes médicinales

Navigation
Accueil Historique Auteurs, éditeurs Contenu - index Contenu - tableau Plantes comestibles Plantes introduites Plantes médicinales Plantes rares Faire un don Dernière page éditée Galerie de photos
|
Édition interactive
Famille 37. ― SARRACENIACEAE [ SARRACÉNIACÉES ].
1.
SARRACENIA
Linné. — SARRACÉNIE.
1. Sarracenia purpurea
Linné. — Sarracénie
pourpre. — Petits cochons, Herbe-crapaud. — (Pitcher-plant).
— Plante glabre, sauf la face supérieure du limbe et l'intérieur des
ascidies qui sont couverts de poils raides et réfléchis ; feuilles (longueur
10-30 cm) veinées de pourpre ou complètement vertes, persistantes ; hampes
(longueur 30-60 cm) ; fleur solitaire, penchée, pourpre (diamètre 4-5 cm) ;
pétales recourbés sur le style. Floraison printanière. Tourbières à sphaignes.
Dans tout le Québec, même à l'extrême-nord.
La sarracénie pourpre
est la plus extraordinaire plante de notre flore, et le principal ornement de
nos
tourbières. Elle est l'un des exemples classiques du carnivorisme chez les
plantes. Si l'on passe le doigt à l'intérieur de la feuille tubuleuse, on voit
qu'un revêtement de poils dirigés vers le bas favorise l'entrée, mais rend la
sortie difficile aux malheureux insectes qui veulent s'aventurer en cet abri ou
s'aller désaltérer en cette vasque minuscule. Il arrive le plus souvent que
l'insecte prisonnier s'épuise en vains efforts, et se noie dans l'eau de pluie
que la feuille renferme presque toujours. Une diastase spéciale dissout les
cadavres des insectes capturés, et permet peut-être l'assimilation directe des
substances organiques ainsi digérées par les tissus de la feuille.
La sarracénie
est remarquablement imputrescible et peut se conserver longtemps sous une cloche
simplement posée sur les sphaignes humides. Elle doit cette imputrescibilité à
une résine contenue dans les cellules superficielles. C'est essentiellement une
plante de tourbière, c'est-à-dire de sols très acides, et elle ne peut se
cultiver dans la terre ordinaire des jardins.
— Les Canadiens français
connaissent la sarracénie sous le nom de petits cochons, nom qui devient
intelligible quand on considère la variante, oreille de cochon. Il s'agit d'une
ressemblance suggérée par le limbe libre, ou l'opercule de la feuille.
Dans les principaux dialectes indiens de l'Amérique, la plante est désignée sous le nom
d'herbe-crapaud. C'est ce que signifie l'Alicotache des Montagnais de la
Côte-Nord, et le Makikiotache des Algonquins du Témiscamingue ; l'idée semble
être que la sarracénie, comme le crapaud, mange les insectes. Tous les Indiens
affirment que la plante est souveraine contre la petite vérole. Aucune recherche
sérieuse n'a été faite pour contrôler cette affirmation, bien que vers 1862, la
tisane de sarracénie ait été employée par un certain Dr Thomas MORRIS,
d'Halifax, qui passa à l'époque, — l'ignorance aidant, — pour le découvreur de
la sarracénie. Il s'agit probablement d'une bienfaisante action antiseptique due
aux tannins que la plante contient en abondance.
— Le Sarracenia purpurea est l'emblème floral de la province de Terre-Neuve.
[ Index ]
[ suivante ]
Frère Marie-Victorin
(1885-1944)
Flore laurentienne, p. 243.
 
le dimanche 19 décembre 2004
constante mouvance de mes paysages intérieurs
|
|