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Famille 103. ― COMPOSÉES 11. AMBROSIA Linné ― AMBROISIE. 1. Ambrosia trifida Linné. ― Ambroisie trifide. ― Grande Herbe à poux. ― (Great ragweed). ― Grande plante annuelle (longueur 1-4 m) ; feuilles toutes opposées, trinervées, profondément 3-5-lobées ; grappe staminée (longueur 10-25 cm) ; capitule pistillé (longueur 6-8 mm) muni de 5-7 côtes, chaque côte portant un tubercule près du sommet. Floraison estivale. Autour des habitations et des dépotoirs. Introduit du centre des États-Unis. Général dans le Québec habité, sauf dans l'est (Gaspésie), qui semble en être presque complètement exempt.
L'ambroisie trifide est cultivée par quelques tribus indiennes comme nourriture ou comme plante tinctoriale. On obtient une couleur rouge en écrasant les capitules. L'espèce était cultivée par les précolombiens, et les graines trouvées dans les sites préhistoriques sont quatre ou cinq fois plus grosses que celles de la plante sauvage d'aujourd'hui, ce qui semble indiquer culture par sélection.
Dans notre province, c'est surtout une mauvaise herbe domestique, facile à détruire par l'arrachage à la main. Peu de plantes sembleraient aussi dénuées de moyens de dissémination, et cependant, en y regardant de près, on découvre une disposition aussi efficace que peu commune. Le fruit consiste en une masse colomnaire centrale munie de 5 à 7 protubérances légères. Il reste longtemps attaché à la tige, et tombe à l'automne. Sa conformation particulière, en lui donnant une surface de contact considérable avec l'air, le fait refroidir plus vite que les corps environnants, et dès les premières gelées blanches, on peut voir chacune des protubérances se garnir d'un petit glaçon, contourné, l'ensemble constituant une masse de 2 à 3 pouces de longueur. Désormais, le fruit est armé pour la dissémination ; il s'attachera aux feuilles mortes, sera poussé par le vent, par les pieds des animaux, parfois jusqu'à des distances considérables.
― L'ambroisie trifide jouit d'une célébrité de mauvais aloi, parce qu'elle est probablement responsable du plus grand nombre d'attaques de la fièvre des foins . La fièvre des, foins est un état d'hypersensibilité, dû à des réactions individuelles extrêmement spécifiques, aux protéines des pollens flottant dans l'air et aspirés par le nez. Les symptômes (congestion des muqueuses nasales, abondance de mucosités, démangeaison aux yeux, éternuements violents) sont très pénibles, et leur effet angoissant est aggravé par la probabilité de leur récurrence annuelle. Dans le Québec, les principaux pollens incriminés sont ceux du Poa pratensis, du Phleum pratense et de l'Agrostis alba, mais surtout ceux de l'Ambrosia trifida et de l' A. artemisiifolia. Le nord-est du Québec (Gaspésie, Côte-Nord, etc.), et peut-être l'Abitibi, à peu près exempts d'ambroisie, sont un refuge désigné pour les malades chroniques.
Frère Marie-Victorin
(1885-1944)
![]() constante mouvance de mes paysages intérieurs
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