49° 26' 00" N - 057° 59' 00" O,
Terre-Neuve-et-Labrador, île de Terre-Neuve, Parc national du
Canada du Gros-Morne, St-Barbe, Tablelands, du sentier d'interprétation, le
jeudi 11 juillet 1996. Photo TN_Tablelands_960710_12.
(b) Évolution à termes continus. (Deuxième de six pages).
Mais un autre grand événement de l’histoire géologique de l’Amérique va
s’accomplir durant le Tertiaire, et devenir encore un puissant facteur
d’isolement. Nous voulons parler de la disparition, par dérive continentale ou
autrement, du pont nord-atlantique qui, baigné au sud par la mystérieuse
mer Téthys, unissait, depuis le cambrien, mais avec des vicissitudes diverses,
l’Amérique et l’Europe.
Cette disparition du être graduelle, mais lorsqu’elle devint complète, que
les courants d’eau froide affluèrent vers le sud, que le secours des vents et
des insectes manqua aux phénomènes de pollinisation, lorsqu’enfin les conditions
de milieu devinrent de plus en plus différentes d’un côté et de l’autre de l’Atlantique,
les mêmes processus différenciateurs que nous avons vus amener la ségrégation
gymnospermique au Crétacé, entrèrent en jeu pour faire diverger de plus en plus
les flores américaine et européenne, jusque-là relativement semblables, à la
faveur de la continuité des terres et de l’uniformité du climat.
Carte N.
― Le continent nord-américain
durant le Tertiaire. La mer mitoyenne disparaît et la forêt tertiaire
s'établit en conservant son caractère bicentrique.
Ainsi, nous voyons alors s’éteindre en Europe quelques-uns des arbres les
plus familiers de l’Amérique d’aujourd’hui :
À cette impressionnante liste d’arbres, ajoutons des arbustes : Vaccinium
corymbosum, Vaccinium stamineum, et des plantes herbacées caractéristiques :
Brasenia schreberi, Dulichium arundinaceum. D’un autre côté, l’Amérique perd
aussi quelques unités, comme les diverses espèces du genre Trapa.
Sans doute, ces espèces s’éteignirent par manque de plasticité, à cause d’une
impuissance intrinsèque à s’adapter aux conditions nouvelles. La plupart des
genres d’arbres, et nombre de genres herbacés ou frutescents, continuèrent
cependant à vivre sur les deux continents ; mais leurs espèces, graduellement
modifiées par l’isolement, finirent par diverger à ce point que si la plupart
des genres d’arbres de la flore du nord-est de l’Amérique vivent en Europe
occidentale, les deux régions,- il faut noter ce fait qui est capital, - n’ont
aucune espèce en commun, sauf peut-être le Juniperus communis, qui affecte
d’ailleurs en Amérique un port déprimé très différent de celui de la forme
ordinaire européenne.
Mais malgré ces différences spécifiques, il est facile cependant de
reconnaître les affinités, et d’établir, d’un côté à l’autre de l’Atlantique,
entre les hêtres, les bouleaux, les pins, les ostryers, un parallélisme, une
vicariance, analogue au parallélisme, à la vicariance que nous avons reconnus
entre les gymnospermes de l’est et de l’ouest de l’Amérique. Ainsi l’Ostrya
virginiana diffère très peu de l’Ostrya carpinifolia d’Europe ; l’Ulmus rubra
d’Amérique et l’Ulmus procera d’Europe sont évidemment de même souche, et notre
magnifique Ulmus americana n’est que le vacariant américain de 1’Ulmus laevis
d’Europe. Une semblable relation unit le Pinus strobus laurentien et le
Pinus peuce balkanique, le Pinus divaricata hudsonien et le Pinus sylvestris du nord
de l’Europe. Dans certains cas cependant, comme dans celui des chênes, cette
vicariance ne paraît pas exister : nos chênes appartiennent à des séries
d’espèces non apparentées aux séries d’Europe.
Carte O. ―Les ponts continentaux durant le Tertiaire (époque éocène).
Ces identités ou ces vicariances, plus frappantes quand il s’agit d’arbres
connus de tout le monde, s’établissent également quand il s’agit de la flore
herbacée ou frutescente. Il y avait continuité dans la flore littorale de la mer
Téthys, depuis le Bouclier scandinave jusqu’au
Bouclier laurentien. Cette
continuité, favorisée par l’uniformité du climat tertiaire, a évidemment été
rompue par la disparition du pont nord-atlantique. Mais la flore actuelle du
golfe Saint-Laurent contient une florule assez importante dont les affinités ou
les identités scandinaves ou baltes sautent aux yeux. Certains éléments comme :
Atriplex sabulosa
Carex salina var. kattegatensis
Carex vesicaria var. laurentiana
Eleocharis uniglumis
sont demeurés inchangés ; d’autres, comme le Carex hostiana var. laurentiana,
de Terre-Neuve et d’Anticosti, ont divergé plus ou moins du type primitif.
le dimanche 6 avril 2003 constante mouvance de mes paysages intérieurs
49° 29' 00" N - 058° 08' 00" O, Terre-Neuve-et-Labrador, île de Terre-Neuve, Parc national du
Canada du Gros-Morne, vallée glacier de l'étang Trout River, le 11 juillet
1996. Photo TN_Trout_River_960710_20.
49° 26' 00" N - 057° 44' 00" O, Terre-Neuve-et-Labrador, île de Terre-Neuve, Parc national du Canada du
Gros-Morne, du sentier d'interprétation de la Lomond River, le
mercredi 10 juillet 1996. Photo TN_Lomond_River_960701_01. Cypripedium reginae (papier peint)
48° 33' 00" N - 058° 40' 00" O, Terre-Neuve-et-Labrador,
île de Terre-Neuve, Port au Port Peninsula, route des Ancêtres-Français, formation rocheuse à l'embouchure de la Romaines Brook, le samedi 6 juillet 1996. Photo TN_Romaines_Brook_960701_15.
49° 45' 00" N - 055° 00' 00" O, Terre-Neuve-et-Labrador, île de
Terre-Neuve, Notre-Dame Bay, vue du L.-R.-Curtis causeway, route nº
340, le mardi 9 juillet 1996. Photo TN_Nt_Dame_Bay_960707_16.