48° 33' 00" N - 058° 40' 00" O, Terre-Neuve-et-Labrador, île de
Terre-Neuve,
Port au Port Peninsula, route des Ancêtres-Français, formation rocheuse à l'embouchure
de la Romaines Brook, le samedi 6 juillet 1996. Photo TN_Romaines_Brook_960701_15.
(b) Évolution à termes continus.. (Troisième de six pages).
Mais les relations de vicariance chez les plantes herbacées ne sont pas
limitées aux plantes maritimes. Une étude détaillée de chacun des groupes de la
flore, faite à ce point de vue, montrerait d’une façon saisissante ce léger
décalage morphologique, qui est la mesure même de l’amplitude de la
micro-évolution en œuvre sur les deux côtés de l’Atlantique, depuis la
séparation complète des continents. On peut déceler cette micro-évolution dans
tous les groupes importants ; nous nous limiterons ici à quelques exemples tirés
des ptéridophytes et des angiospermes :
Mais les âges ont marché et le Tertiaire touche à sa fin. Déjà façonnée par
les deux grands événements que nous venons d’exposer, enrichie par divers
courants de migration, la flore du Québec va maintenant subir la grande épreuve
de la glaciation pléistocène.
49° 45' 00" N - 055° 00' 00" O, Terre-Neuve-et-Labrador, île de Terre-Neuve, Notre-Dame Bay,
à bord du M. V. Iceberg Alley, à partir de Twillingate, le lundi 8 juillet 1996.
Photo TN_Baie_Nt_Dame_960707_07.
51° 27' 00" N - 056° 52' 00" O,
Terre-Neuve-et-Labrador, côte labradorienne, détroit de Belle-Isle, Pointe
Amour (cap), fin d'un iceberg, le vendredi 19 juillet 1996. Photo TN_Anse_Amour_1996-0718_07.
Sous l’influence de causes diverses : astronomiques, géologiques,
météorologiques, causes d’ailleurs entièrement hypothétiques, un refroidissement
s’opère dans tout l’hémisphère boréal. Une immense nappe de glace, d’une
puissance mécanique extraordinairement intense, s’avance, gagne, envahit tout,
couvrant à certains moments deux millions de milles carrés, s’étendant depuis le
Labrador jusqu’à l’Alaska, descendant jusqu’au Montana, poussant une pointe
avancée dans la vallée du Mississipi et de l’Ohio, et touchant l’Atlantique dans
le nord du New Jersey. Cette nappe de glace rayonnait autour de trois centres :
un centre labradorien, un centre keewatinien et un centre cordillérien. Seul
nous intéresse ici le centre labradorien, situé au cœur de ce que nous appelons
l’Ungava, et d’où la glace s’étendit sur tout le Canada oriental.
Carte P. Extension
maximum de la glaciation en Amérique.
Durant cette période, dont la durée fut de l’ordre d’un million d’années, la
nappe de glace fut soumise à des avances et à des reculs successifs : il y eut
des périodes interglaciaires où le climat redevenait tempéré, et où la
végétation, chassée vers le sud durant l’avance précédente, reconquérait le pays déglacié. L’avant-dernier retour de la glace sur le Québec, probablement à la période jerseyenne, semble avoir couvert tout le territoire et avoir détruit toute végétation. Puis s’ouvre une dernière période interglaciaire, qui peut avoir duré de 60,000 à 80,000 ans.
51° 38' 07" N - 056° 41' 20" O, Terre-Neuve-et-Labrador, côte
labradorienne, Pinware River , de la route nº 138, le vendredi 19 juillet 1996.
Photo Pinware_960718_09.
De nouveau, à la période Wisconsin, la glace s’avance, mais il ressort de
travaux récents que cette dernière glaciation a été plus bénigne, et que nombre
de points du Canada oriental n’ont pas été touchés. L’épaisseur de la glace qui
recouvrait alors les parties centrales de l’Ungava est inconnue, mais dans le
nord-est du Labrador elle était d’environ sept cents mètres. À
Terre-Neuve, la
nappe ne s’élevait guère au-dessus de trois cent cinquante mètres, ce qui permit
à de grandes étendues de hauts plateaux d’échapper aux ravages de la glaciation.
De nouveau, à la période Wisconsin, la glace s’avance, mais il ressort de
travaux récents que cette dernière glaciation a été plus bénigne, et que nombre
de points du Canada oriental n’ont pas été touchés. L’épaisseur de la glace qui
recouvrait alors les parties centrales de l’Ungava est inconnue, mais dans le
nord-est du Labrador elle était d’environ sept cents mètres. À
Terre-Neuve, la
nappe ne s’élevait guère au-dessus de trois cent cinquante mètres, ce qui permit
à de grandes étendues de hauts plateaux d’échapper aux ravages de la glaciation.
Dans le sud-est du Québec, il est également certain que la glace n’a pas dépassé
le niveau de huit cents mètres et que la partie supérieure des
Chic-Chocs (Shikshoks dans le texte) n’a pas été recouverte. D’autres régions, élevées ou non, semblent avoir été épargnées : Torngats, sommet des Laurentides aux environs de la baie Saint-Paul, Le Bic,
plateaux de l’île du Cap-Breton, îles de la Madeleine, peut-être aussi la
majeure partie de l’Anticosti-Minganie et la région de
Blanc-Sablon (Carte Q).
47° 37' 00" N - 058° 41' 00" O. Terre-Neuve-et-Labrador, île de Terre-Neuve,
Rose Blanche, fin de la route nº
470, le vendredi 5 juillet 1996. Photo TN_Rose_Blanche_960701_09.
Carte Q. ― Les nunataks
du Canada oriental. Les parties en noir solide indiquent les régions qui sont considérées comme ayant
échappé à la glaciation Wisconsin.