|
| |||||
3. RÉGION LAURENTIENNE(c) Sous-région de la plaine alluvionnaire du Saint-Laurent2° District fluvial. d) Section alluviale du Saint-Laurent L'archipel d’Hochelaga marque la fin de la section d’eaux rapides du Saint-Laurent, la base du socle qui supporte les vasques des Grands Lacs, et le pied de l’escalier rocheux par où les eaux supérieures descendent à la mer. Le fleuve a désormais atteint un niveau où il pourra couler tranquillement à travers une grande plaine alluvionnaire jusqu’au moment où ses eaux rencontreront le butoir de la marée, c’est-à-dire jusqu’au lac Saint-Pierre. Ce tronçon du Saint-Laurent, que nous appelons la section alluviale, comprend une centaine de milles.
Les conditions du milieu y sont particulières à la fois dans le temps et l’espace. L’eau glisse lentement entre des rivages d’argile à blocaux, d’argile à Leda, d’argiles marines stratifiées, et, depuis Lanoraie et Contrecœur vers l’est, au travers des sables à Saxicava. Sur tout ce parcours, le fleuve entoure de nombreuses îles sans élévation, qui ne sont que des parcelles de la plaine alluvionnaire environnante.
Le niveau de l’eau subit de fortes variations saisonnières. Très élevé au printemps après le départ des glaces, il baisse régulièrement pendant l’été, découvrant graduellement les rivages, pour s’élever de nouveau, et brusquement, à la fin de l’automne. Durant l’hiver, toute cette section est couverte d’une épaisse couche de glace, avec des amoncellements parfois énormes dans les endroits resserrés. Les mouvements de la glace, au moment de la consolidation, à l’entrée de l’hiver, et surtout au moment de la débâcle au printemps, exercent des actions mécaniques puissantes qui sont, pour la flore riparienne, une cause importante d’élimination et de dispersion.
Soumis à des pressions latérales formidables, les blocs de glace labourent les battures et les îles argileuses, détruisent la végétation superficielle, découvrent et dispersent rhizomes et tubercules. D’un autre côté, la glace, au moment de sa formation à l’automne, a enrobé dans sa masse la végétation riparienne d’arrière-saison, avec ses fruits, graines, bourgeons, bulbilles, stolons tubérifiés, etc. Au moment de la débâcle, ces blocs, véritables poudingues organiques à matrice temporaire, s’en vont au fil de l’eau, disséminant, au fur et à mesure de la fusion, une multitude de débris végétaux capables de s’implanter sur les rivages de l’aval. Les conditions que nous venons d’énumérer façonnent un ensemble floristique nettement individualisé, et dont les éléments sont liés par des exigences et des tolérances en relations étroites avec les pulsations saisonnières de la grande artère laurentienne.
Frère Marie-Victorin (1885-1944) ![]()
le lundi 13 janvier 2003le dimanche 3 décembre 2006 - le mardi 31 janvier 2012 constante mouvance de mes paysages intérieurs |
| ||||||