c) Section translaurentidienne
(Deuxième de deux pages).
De grands dépôts de sable, formant des plateaux, des terrasses, des dunes ou
de longues battures, encombrent l’embouchure des grandes rivières
Ashuapmushuan,
Mistassini,
Péribonka,
et les abords de la
Grande Décharge.
48º 38' 33,3" N - 72º 25' 03,8" O, MRC
Le Domaine-du-Roy.
route nº 169, Saint-Félicien. Le mardi 30 juillet 2002, photo 200200730/2.
Ces
sables ont une florule définie et caractéristique. Remarquable entre toutes est
l’association Pinus divaricata - Comptonia peregrina - Solidago puberula, qui
couvre parfois de grandes étendues, là où la forêt a été ravagée par l’incendie.
Les Carex de ces grands dépôts de sable sont nombreux :
Carex adusta
Carex haydeni
Carex houghtonii
Carex tonsa,
ainsi que les joncs :
Juncus alpinus
Juncus dudleyi
Juncus nodosus
Juncus pelocarpus
Juncus subtilis
Juncus vaseyi.
Il faut encore citer, parmi les éléments caractéristiques :
Rivière Péribonka,
île Bouliane, secteur Vauvert, quartier de la Pointe,
Dolbeau-Mistassini.
Terminons cette rapide esquisse floristique de la basse terre
translaurentidienne en mentionnant un fait phytogéographique de la plus haute
importance. Avant la construction du barrage de la Grande-Décharge, il existait
sur les rivages du lac Saint-Jean une florule halophytique dont les principaux
éléments étaient :
Ammophila breviligulata Hudsonia tomentosa
Juncus balticus var. littoralis
Lathyrus maritimus
Triglochin maritima.
Il est certain que cette florule est un reste d’une ancienne flore maritime
établie ici à l’époque de la transgression marine de la période Champlain. Les
éléments conservés sont ceux qui ont pu s’adapter graduellement à la
déchloruration progressive des eaux. Cette florule, étudiée par l'auteur en
1925, doit être aujourd’hui en grande partie détruite, sauf probablement les
éléments plutôt psammophiles : Ammophila breviligulata et Hudsonia
tomentosa, qui croissaient au-dessus du niveau actuel du lac.
C’est peut-être ici le moment de dire que le retrait de la mer Champlain a
laissé d’autres florules reliquales dans la vallée alluvionnaire du
Saint-Laurent. Partout où il y a une source salée, on trouve un petit groupe
d’halophytes qui bordent le ruisselet issu de la source. L’un des meilleurs
exemples est celui de la « saline » de Varennes, dans le comté de Verchères,
dont la florule halophytique est la suivante :
Sans doute, il n’est pas théoriquement impossible que ces florules aient pour
origine des transports de graines à de grandes distances de la mer ; mais, dans
les circonstances, il est beaucoup plus naturel de considérer ces petites
populations halophytiques comme des reliquats d’une flore autrefois généralisée
dans la vallée alluvionnaire du Saint-Laurent, reliquats aujourd’hui retenus sur
des points isolés par les conditions spéciales de l’habitat salin.