L’archipel d’Hochelaga est un extraordinaire carrefour d’eaux courantes où
aboutissent, avec plusieurs rivières de second ordre, les deux grandes artères
du Saint-Laurent supérieur et de la
rivière des Outaouais. Il faut y ajouter un ancien lit de
rivière qui unissait probablement autrefois les eaux du
Richelieu aux eaux
montréalaises entre Saint-Jean et Laprairie. L’archipel d’Hochelaga est
biologiquement un point crucial où, encore aujourd’hui, viennent converger les
éléments biotiques de trois des sections du district fluvial : section fluviale
supérieure, section des Outaouais, section alluviale.
La section du Saint-Laurent supérieur est caractérisée par des eaux rapides
gênées dans leur cours par des bancs transversaux de calcaires ordoviciens ou de
grès cambriens (grès de Potsdam). Ces conditions torrentueuses des eaux sont peu
favorables au développement des plantes supérieures (sauf le Podostemum
ceratophyllum), et d’autre part les plantes ripariennes n’y offrent rien de
très particulier. Il est difficile de mentionner des espèces et des associations
propres à cette section, en sorte que dans l’état présent des connaissances, ses
caractéristiques sont plutôt négatives. Notons cependant le Justicia
americana et le Saururus cernuus, qui paraissent localisés dans
l’archipel d’Hochelaga, et l’Aster ontarionis, qui borde le fleuve depuis
le lac Ontario jusqu’à
Montréal.