a) Section du triangle montréalais
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La partie ouest du triangle montréalais est essentiellement un domaine de
terres grises que la culture a profondément transformé. Laissées à elles-mêmes,
ces terres se couvrent d’une riche forêt feuillue où s’entremêlent :
45º 21' 49,1" N - 72º 59' 09,0",
Montérégie,
MRC Rouville, Ange-Gardien, rang Casimir, le samedi 17 août 2002. Photo 20020817/2.
Une vaste partie de cette section, partie dont le
lac Saint-Pierre peut être
considéré comme le centre, est recouverte d’un épais manteau de sable à saxicava.
Cet alluvionnement intense est probablement le résultat d’une période d’arrêt
dans le retrait de la mer Champlain, période durant laquelle le Saint-Laurent,
qui creusait encore fortement son lit, et le
Richelieu, qui naissait alors,
venaient accumuler leurs sables à l’extrémité d’un bras de mer finissant au
lac
Saint-Pierre.
Terrasses ou paliers du paléo outaouais qui fait suite au retrait
de la mer de Champlain.
Ces grands amas de sable, particulièrement remarquables à
Lanoraie, à la
Pointe-du-Lac, à Contrecœur, à
Sorel, n’ont jamais été cartographiés
systématiquement, mais ils sont indirectement indiqués, sur les cartes à grande
échelle, par des blocs de forêt d’une étendue et d’une continuité inusitée, ces
sols très sablonneux étant trop pauvres pour être livrés à la culture.
On y trouve des formations pures de Pinus strobus avec parterre à pyroles (Pyrola
elliptica, P. americana), et de P. divaricata associé à l'Aster linariifolius ;
des formations transitoires de Betula populifolia avec parterre à lycopodes
(Lycopodium flabelliforme, L. tristachyum, L. clavatum) ; des formations mixtes
de Pinus resinosa et de Populus grandidentata, avec sous-étages de Pteridium
aquilinum var. latiusculum et de Gaultheria procumbens. Les endroits ouverts ont
comme espèces caractéristiques :
et, dans la région des
Trois-Rivières
surtout, Potentilla tridentata et
Epigaea repens var. glabrifolia. Il faut mentionner spécialement quelques
éléments allogènes composant une florule spéciale disséminée dans la région du
lac Saint-Pierre, et dont on ne peut expliquer la présence que par des
migrations anciennes sur les derniers stages de la mer Champlain : soit le long
du système Hudson ― lac Champlain ― Richelieu, soit le long des terrasses qui
bordent la rive nord de la
rivière des Outaouais et longent ensuite le fleuve, à une certaine
distance, jusqu’au lac Saint-Pierre et au-delà. Les principaux de ces éléments,
dont la liste s’allongera certainement, sont :
Ammophila breviligulata
Aster linariifolius var. victorinii
Carex merritt-fernaldii
Cyperus filiculmis var. macilentus
Lathyrus maritimus
Lilium philadelphicum
Peltandra virginica